Bibliophilie

Lectures et états d'âme

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mercredi, avril 25 2012

L'Epée de l'Orage par David Gemmell

Genre : heroic fantasy
Titre original : Sword in the Storm
Traduit de l'anglais par Alain Névant
Editions Bragelonne
Date de publication : 2004

Intrigue : Connavar a grandi avec la hantise de se découvrir aussi lâche que son père. Pour cette raison, il se met toujours au défi de combattre, de ne jamais avoir peur. Les Seidhs, les déités de son peuple keltoï, veillent sur lui à leur manière. Ce sont des dieux capricieux et imprévisibles mais ils s'intéressent de près à ce jeune guerrier aux yeux vairons.

Gemmell écrit bien l'heroic fantasy. Un style fluide et agréable, un scénario somme toute assez classique, les amateurs de bonne heroic fantasy ne peuvent qu'aimer. Ce premier volume de la saga Rigante est prometteuse de bons moments de lecture, avec ses Seidhs et sa magique inspirée du monde antique. Dépaysant et rafraîchissant.

L'écho du Grand Chant par David Gemmell

Genre : Heroic Fantasy
Titre original : Echoes of the Great Song
Editions : Bragelonne
Date de publication : 2007

Intrigue : Les Avatars règnent sur le reste du monde grâce à l'énergie qu'ils puisent dans le cristal. En concentrant la force du soleil, le cristal a le pouvoir d'absorber la vie ou, au contraire, de la rendre aux Avatars. Mais la fin de leur règne approche. Des cataclysmes suivis d'une invasion vont entraîner la chute de ceux qui se faisaient passer pour des dieux.

Dans un style enlevé et lyrique, Gemmell nous entraîne dans un univers certes classique mais tout de même fascinant. Les grands Avatars ont beaucoup en commun avec les Elfes des légendes nordiques, mais l'invention du cristal est inédite et donne tout son sel au récit. C'est surtout son style élégant et vivant qui retient notre attention. Un auteur à découvrir.

lundi, mars 26 2012

Cygnis par Vincent Gessler

Genre : science fiction
Editions l'Atalante
Date de publication : 2010

Intrigue : Sur une Terre post-apocalyptique, un trappeur solitaire erre sans but dans la forêt avec son loup domestique. Celui-ci est étrange, il ne semble pas vieillir et a le corps entrecroisé de fils métalliques. Au détour de son chemin, Syn le trappeur tombe amoureux de la belle rousse Leah et lie son destin au sien. Ensemble, ils feront des découvertes inattendues sur eux-mêmes et le monde qui les entoure.

Avec son style froid et dénué de toute émotion, le roman met du temps à devenir familier au lecteur. Mais ce style est clairement un choix délibéré de l'auteur, qui le justifie dans son intrigue. A cause de lui, le lecteur n'est pas immédiatement emporté dans l'univers de Cygnis mais chemin faisant, il commence à découvrir la trame et se laisse surprendre par les découvertes des deux protagonistes. Un roman somme toute assez réussi, sans forcément être destiné à devenir un grand classique de science fiction. On a quand même envie de découvrir d'autres livres de Vincent Gessler qui semble avoir une personnalité littéraire intéressante.

mercredi, mars 14 2012

Avidïa par Vincent Michel

Genre : science fiction
Editions l'Atalante
Date de publication : 2004

Intrigue : Nous suivons la destinée du Blödryall, cette pierre vivante qui, avant d'être dérobée, constituait la principale source énergétique de la planète Nemeton. Un homme est parti avec la pierre dans un voyage dans le passé et la princesse Brighee mFolctainban le poursuit. Mais un incident les sépare irrémédiablement et ils débarquent tous deux sur la Terre à des périodes différentes.

Bien qu'ingénieux par certains aspects, le scénario ne manque pas de points obscurs. Nous ne saisissons pas tout l'enchaînement logique, peut-être parce qu'il n'est pas toujours logique. L'auteur a voulu insérer trop de choses dans son récit qui a ainsi perdu en cohérence. La pointe de mysticisme et le rattachement du récit aux légendes du Saint Graal auraient, à mon avis, dû être évités. Il fait retomber l'intrigue dans les rails des légendes connues.

mardi, février 28 2012

Ambigata par Vincent Michel

Genre : science fiction
Editions L'Atalante
Date de publication : 2000

Intrigue : Sur la planète Nemeton, l'existence des hommes tourne autour du Blödryall, une pierre "magique" qui fournit une énergie inépuisable. Mais la planète fait face à une crise démographique, les Nemetis sont devenus trop nombreux et épuisent les ressources naturelles. Le Gaebolga, un service de renseignement ultra performant, conçoit alors à la demande du gouverneur de Nemeton un plan des plus raffinés pour résoudre par anticipation une des crises les plus graves de tous les temps. Pour ce faire, il va instrumentaliser les habitants de la planète soeur Drucht, feignant le vol du précieux Blödryall. Mais plusieurs grains de sable viennent enrayer leurs stratagèmes. Parmi eux, la princesse Brighee mFolctainban...

Le récit est vu rétrospectivement par des hommes du futur. Nous connaissons donc théoriquement l'issue de cette aventure inouïe. Et pourtant, même le dernier chapitre et l'épilogue du dernier volume de cet ensemble de deux tomes ne nous éclaire pas sur les circonstances de cette issue. L'épilogue est même des plus obscurs, et la seule façon d'obtenir la réponse à nos nombreuses questions, c'est de lire Avidïa qui conclut cette saga. Imprévisibilité, donc, c'est le mot-clef de ce roman très bien écrit et palpitant. Une découverte fort agréable.

samedi, janvier 28 2012

Démon par John Varley

Genre : science fiction
Traduit de l'anglais par Jean Bonnefoy
Titre original : Demon
Editions folio SF
Date de publication : 1985

Intrigue : La guerre est déclarée entre l'ex-Sorcière de Gaïa, Cirocco Jones, et la déesse elle-même. Profitant de son prestige qui lui vaut alors le surnom de Démon, Cirocco rassemble une armée pour porter le coup final à Gaïa.

Ce dernier volet de la trilogie de Gaïa est somme toute assez décevant : la chute est attendue et ne surprend pas le lecteur. Dommage que trop d'indices l'aient annoncé dans les volumes précédents. Cela manque cruellement de rebondissements et de surprises. Le mystère Gaïa n'est même pas entièrement élucidé. Quelle créature était-elle au départ et comment est-elle devenue la déesse-planète ? Tout cela reste obscur et c'est bien frustrant pour le lecteur. On a l'impression que l'auteur avait hâte de se débarrasser de sa trilogie et en a, pour cette raison, bâclé la fin.

jeudi, décembre 29 2011

Sorcière par John Varley

Genre : science fiction
Traduit de l'anglais par Jean Bonnefoy
Titre original : Wizard
Editions Folio SF
Date de publication : 1981

Intrigue : Nous retrouvons Cirocco et Gaby, les deux héroïnes de l'équipage du Seigneur des Anneaux sur la planète intelligente Gaïa, Cirocco ayant accepté d'être recrutée en tant que Sorcière, c'est-à-dire en tant que super ambassadrice de la planète. De nombreuses années ont passé, qui ont aigri notre Sorcière. Avec sa complice de toujours, elle se lance dans une vaste aventure avec deux nouveaux arrivants. Ceux-ci n'ont rien en commun excepté une chose : ils souffrent d'une maladie incapacitante.

Ce deuxième volume de la Trilogie de Gaïa est tout aussi intrigant que le premier mais il confirme aussi un travers de l'auteur : celui-ci semble avoir une certaine fixation sur la sexualité, ne nous épargnant aucun détail salace, ce qui alourdit bien inutilement un récit par ailleurs enlevé et novateur.

mercredi, décembre 14 2011

Titan par John Varley

Genre : science fiction
Traduit de l'anglais par Jean Bonnefoy
Editions folio sf
Date de publication : 1979

Intrigue : Le vaisseau Le seigneur des anneaux est capturé et détruit par une créature extraterrestre. Les passages émergent sur une nouvelle planète qu'ils baptisent Gaïa. Ils s'aperçoivent qu'ils ont subi des modifications psychiques et intellectuelles...

Le récit commence assez lentement et banalement mais dès la découverte des Titanides, ces habitants centaures de la planète Gaïa, l'intrigue devient captivante et mieux rythmée. Ces extraterrestres et leurs ennemis génétiques, les anges, valent à eux tous seuls la lecture de ce roman plein d'inventions et de fantaisie. Ce premier volet de la Trilogie de Gaïa est une réussite, on n'a de cesse de lire la suite.

lundi, décembre 5 2011

Les enfants de Darwin par Greg Bear

Genre : science fiction
Traduit de l'anglais par Jean-Daniel Brèque
Titre original : Darwin's Children
Editions Robert Laffont
Date de publication : 2003

Intrigue : Une dizaine d'année après l'émergence du virus SHEVA, les enfants mutants ont grandi et développé leurs mystérieux dons malgré leur confinement en camps. La population ayant toujours aussi peur d'eux, le pouvoir en place continue sa politique tout répressif au lieu de tenter de comprendre l'évolution en cours. Kaye Lang et Mitch Rafelson se battent au quotidien pour préserver leur fille Stella, un "enfant du virus".

Voici le dénouement de l'Echelle de Darwin. Sans grande surprise, les éléments relatifs au comportement et à la psychologie de cette nouvelle espèce humaine sont, malgré tout, fascinants. On entraperçoit ainsi ce que l'avenir rêvé par Greg Bear nous réserve... On aurait sans doute aimé un livre plus politique et moins technique, mais cette minutie technique a au moins le mérite d'apporter de la vraisemblance à l'ensemble.

dimanche, décembre 4 2011

Quintett par Frank Giroud

Genre : bande dessinée - psychologie
Editions Dupuis
Date de publication : 2007

Intrigue : Quatre individus voient leur destin se croiser dans un village de Macédoine, pendant la première guerre. Tous les quatre y subissent un drame qui change à jamais leur existence. Mais ce drame est-il vraiment l'effet du hasard ?

On reconnaît bien là la griffe de Giroud et son talent pour construire une histoire de plusieurs côtés à la fois pour obtenir une convergence et une cohérence quasi machiavélique. Comme toujours, un scénario brillant, surprenant et qui ne laisse pas indifférent. Décidément, on est fan de Giroud !

samedi, novembre 19 2011

L'échelle de Darwin par Greg Bear

Genre : science fiction
Titre original : Darwin's Radio
Traduit de l'anglais par Jean-Daniel Brèque
Editions Robert Laffont
Date de publication : 1999

Intrigue : Un virus décime les fœtus un peu partout sur la planète. A force de recherche, Kaye Lang et Mitch Rafelson suspectent ce virus de ne pas transmettre une maladie, mais plutôt un signal déclenchant une transformation de l'ADN. En d'autres termes, les gens ne tombent pas malades, ils mutent. Ignorés des autorités, rejetés par leurs pairs, Kaye Lang décide de tomber enceinte et de laisser faire cette nouvelle étape dans l'évolution darwinienne.

Malgré quelques longueurs dues à des considérations techniques qui nous dépassent mais font, en même temps, la force de ce roman en le rendant plus crédible, nous avons affaire ici à un scénario à la fois attendu et intriguant, car il ne nous est pas possible de déterminer à quoi ressemblera la nouvelle espèce, l'homo sapiens novus. Une telle évolution se produira peut-être dans le futur, mais sera-t-elle aussi brusque ? Ce premier volume incite donc surtout à lire le second, celui dans lequel nous en apprendrons plus sur ces super humains nés du "virus" SHEVA.

jeudi, novembre 3 2011

El Sexto par José Maria Arguedas

Genre : roman autobiographique
Traduit de l'espagnol par Eve-Marie Fell
Titre original : El Sexto
Editions Métailié
Date de publication : 2011
Ce livre a fait l'objet d'un partenariat News Book ! http://newsbook.fr/

Intrigue : Dans un Pérou sous régime dictatorial, un jeune étudiant contestataire, Gabriel, se retrouve emprisonné à El Sexto, une institution tristement célèbre de Lima. Installé au deuxième étage, l'étage des prisonniers politiques, il devient le témoin attentif des injustices et des cruautés quotidiennes de cet enfer carcéral. Idéaliste et un peu poète, il rêve d'apaiser les souffrances des uns et d'effacer les différends des autres, mais il reste lui-même un marginal au sein de son étage. Tiraillé entre communistes et apristes, les révolutionnaires péruviens, Gabriel est à la fois attiré par les idéaux des deux bords et révolté par leur caractère doctrinaire, si contraire aux idéaux révolutionnaires. Il cherche sa place dans ce microcosme qui amplifie les injustices et incite au mépris et à la haine des autres.

Mon avis : La prison El Sexto est, on le sent bien, une métaphore de la société péruvienne des années de la dictature. Ses trois étages correspondent aux trois grandes catégories sociales face à un pouvoir politique sans merci. Tout en bas sont les laissés pour compte, les vagabonds, petits voleurs et autres victimes de la misère. Elles sont les principales victimes d'El Sexto. Se battant comme des chiens errants pour quelques épluchures de légumes, s'exhibant contre une petite pièce, les miséreux du dehors deviennent rapidement des morts en sursis à El Sexto, d'autant qu'ils subissent en plein la dictature d'Estafilade, un criminel qui fait sa loi dans la prison. Estafilade est la personnification carcérale du dictateur lui-même. Il exploite les faibles de la pire manière qui soit, avec la complicité des gardiens de la prison. Au premier étage, les criminels de droits communs filent doux sous l'Empire d'Estafilade, à l'exception de deux personnages qui, bien que lui faisant de la concurrence, ne sont pas très éloignés de lui. Le deuxième étage est le plus préservé de cet enfer, il abrite les prisonniers politiques. Et c'est là tout le paradoxe de ce microcosme totalitaire d'El Sexto : ceux qui critiquent le système et ses maîtres sont ceux qui mangent le mieux. Du coup, ils ont tout leur confort pour se battre entre eux, divisés qu'ils sont entre communistes et apristes. Leurs querelles intestines paraissent bien dérisoires face au malheur sordide du rez-de-chaussée. Jusqu'à ce que le jeune étudiant apolitique, le narrateur, dénonce la cruauté d'Estafilade et cherche à établir un semblant de justice à El Sexto. A travers ce portrait sans concession d'une prison des années noires du Pérou, Arguedas nous transmet son désespoir et ses interrogations : qui sortira le pays du marasme politique si les opposants organisés et à même de faire porter leur voix préfèrent passer leur temps à se chamailler ? Qui rendra leur humanité aux victimes de la misère et des trafics encouragés par l'Etat ? Un livre poignant à travers lequel la beauté du peuple indien transperce, un peuple généreux et humble perdu dans un système inique. Les Indiens sont les seules personnes qui transcendent les trois catégories sociales définies par Arguedas, les trois étages d'El Sexto. Indiens du rez-de-chaussée, du premier ou du deuxième étage sont frères, ils s'entraident, se comprennent, malgré les contraintes imposées par les autres voire les humiliations subies. Encore une fois, c'est le peuple indigène qui donne une leçon d'humanité et de sagesse aux citadins.

Morceaux choisis : "En ce bas monde, on ne peut pas maintenir pendant des siècles des régimes qui martyrisent des millions d'hommes au bénéfice de quelques-uns, une minorité qui est restée étrangère pendant des siècles au pays où elle est née. Quel est l'idéal, frère Camac, qui guide nos exploiteurs et nos tyrans, eux qui traitent les métis et les Indiens de la côte et de la sierra comme des bêtes, et qui voient et entendent, parfois, de loin et avec dégoût, ces musiques et ces danses où s'exprime notre patrie telle qu'elle est, dans sa grandeur et sa tendresse ? S'ils n'ont pas été capables de comprendre le langage du Pérou, ce vieux pays à nul autre pareil, assurément ils ne méritent pas de le gouverner. Et je crois qu'ils ont senti ou compris cela. Aujourd'hui, ils travaillent à corrompre l'Indien, à lui infuser le poison du lucre, à le dépouiller de sa langue, de ses chants et de ses danses, de ses coutumes ; ils veulent en faire un pitoyable imitateur, un peuple misérable sans langue et sans tradition. Ils chassent les Indiens des hauteurs, en les affamant, et ils les entassent autour des villes, dans la poussière, la puanteur des excréments et la chaleur. Mais ils se tirent eux-mêmes une balle dans le pied. Un homme qui a derrière lui tant de siècles d'histoire, on ne peut ni le détruire ni lui faire perdre son âme aussi facilement ; même avec l'aide d'un million de délinquants et d'assassins. Frère Camac, nous ne voulons pas, nous n'accepterons pas que le poison du profit soit le principe et le but de leurs vies."

"J'ai couru vers l'escalier. Aucun politique n'était encore sorti. Je suis descendu au rez-de-chaussée. J'ai trouvé le garçon assis sur les premières marches. Il continuait à pleurer ; il était seul et je lui ai parlé en quechua.
- Moi aussi, je viens du même coin. Viens, petit frère. Je vais te donner un lit chaud, du lait, du café, tout ça.
Il m'a regardé déconcerté, mais il n'a pas opposé de résistance quand je l'ai tiré par les bras.
- Je ne peux pas bien marcher, dit-il en quechua. Je ne sais pas, petit père, ce qu'ils m'ont fait. J'ai mal à l'âme.
- C'est ainsi que l'homme doit souffrir, en terre étrangère. Moi aussi je suis prisonnier depuis longtemps.
J'ai séché ses larmes avec mon mouchoir.
- Nous allons passer devant les gens, tranquillement. Comment t'appelles-tu, fiston ? lui ai-je demandé.
- Libio, petit père, je suis de Pampachiri. Je ne sais pas ce qu'ils m'ont fait, je ne peux pas marcher.
- Sois courageux, lui dis-je. A Pampachiri, les hommes ne pleurent pas ; pour le carnaval, ils s'arrachent des bouts de chair aux jambes avec des fouets qui ont des pointes en plomb.
- Oui, petit père, dit-il en espagnol. Allons, je vais me tenir debout."

vendredi, octobre 21 2011

Les portes d'Occident par Pierre Bordage

Genre : science fiction
Editions J'ai lu
Date de publication : 1996

Intrigue : Dans le monde du futur, les riches Occidentaux ont décidé de se débarrasser définitivement de la misère du Tiers Monde en s'en coupant hermétiquement par la construction d'un rideau électromagnétique, le REM. A l'abri de leur forteresse à l'échelle de l'Occident blanc, ils n'ont plus rien d'autre à faire que de "sensorer" des spectacles à sensation, rejetant jusqu'à leur propre réalité corporelle. De l'autre côté de la barrière, le Tiers Monde est pourri par les mafias et autres cliques ultra violentes qui règnent en maîtres. Au milieu de cet Orient corrompu et déliquescent, un jeune Chinois, Wang, cherche à appliquer les principes d'humanité inculqués par le Tao de la Survie de sa grand-maman Li.

Une réflexion intelligente et émouvante sur l'avenir du fossé entre un Occident blanc et omnipotent et un Tiers Monde s'enfonçant de plus en plus dans la misère et la violence.

Les aigles d'Orient par Pierre Bordage

Genre : science fiction
Editions J'ai lu
Date de publication : 1997

Intrigue : Le jeune Chinois Wang a réussi à traverser la barrière électromagnétique qui sépare depuis 150 ans le riche Occident du miséreux Orient. Devenu immigré, sous haute surveillance, il rêve de mettre fin à cet apartheid inhumain.

Ce second et dernier volet de la saga Wang est plein d'espoir et d'optimisme. Enfin une utopie noire qui finit bien ! Le style de Bordage, toujours aussi plaisant par son côté légèrement désuet, vient renforcer un scénario parfois un peu prévisible.

samedi, septembre 24 2011

Kwest par Andreas Eschbach

Genre : science fiction
Traduit de l'allemand par Claire Duval
Titre original : Quest
Editions l'Atalante
Date de publication : 2002

Intrigue : Le commandant d'un vaisseau spatial entraîne son équipage dans une aventure que lui seul a choisie. Cherchant avec acharnement la Planète des Origines, la planète dont tout vie humaine est partie, Eftalan Kwest, c'est son nom, ira de déception en déception.

Ce voyage initiatique à la Gilgamesh est bien éloigné du récit des tapis de cheveux qui avait fait l'objet du premier roman d'Eschbach. Quelques considérations socio-politiques percent encore, à notre grande satisfaction, ici et là mais c'est avant tout l'obsession de Kwest pour sa quête qui nous touche, car cette quête est vaine et il le sait. Du voyage initiatique on passe donc au conte philosophique, conte sur la vanité de toutes choses.

Morceaux choisis : "J'ai soudain eu le sentiment de voir clair dans le jeu de l'existence. Un jeu infâme. Nous sommes ainsi faits que nous éprouvons sans cesse le besoin d'aspirer à quelque chose, de vouloir quelque chose - mais nous ignorons quoi. Tant que nous sommes jeunes, nous cherchons ce quelque chose dans l'amour entre un homme et une femme. Avec quelques années de plus, dans la richesse, le pouvoir, les voyages ou l'aventure. Et chaque fois que nous trouvons quelque chose, chaque fois que nous constatons que ce n'était pas ce que nous désirions, nous nous persuadons qu'il suffit de poursuivre la route, que cela ne doit plus être loin, que l'objet de la quête nous attend là, au coin du chemin, et qu'une fois saisi il sera à nous pour toujours. Mais que se passerait-il si ce désir tournait à vide, s'il nous incitait à chercher quelque chose qui n'existe purement et simplement pas ? S'il n'était là que pour nous maintenir en mouvement durant toute notre vie - pour que continue ce spectacle cruel, ce drame des espérances et des passions dont un dieu méchant s'amuse et se repaît ?"

samedi, septembre 10 2011

Des milliards de tapis de cheveux par Andreas Eschbach

Genre : science fiction
Traduit de l'allemand par Claire Duval
Titre original : Die Haarteppichknüpfer
Editions L'Atalante
Date de publication : 1999

Intrigue : Dans le système de Gheera, on confectionne des tapis à partir de cheveux de femmes de père en fils, et cela depuis des milliers d'années. Les tisseurs de tapis de cheveux sont fiers de servir de cette façon leur bien aimé Empereur-dieu. Mais quand le bruit persistant de la mort de celui-ci se répand, c'est leur monde tout entier qui menace de s'écrouler.

Jusqu'où peut aller l'obéissance aveugle et la vénération d'un peuple envers son despote ? C'est sur ce thème passionant que nous entraîne Andreas Eschbach et le lecteur ne pourra qu'être frappé par le dénouement. Un sens aigu de la psychologie, une finesse d'analyse remarquable, une imagination étonnante, cet auteur allemand de science fiction est à découvrir absolument !

Morceaux choisis : "Nargant se souvenait encore bien d'une période de sa vie où, pour lui aussi, l'Empereur était au centre de l'univers. Et même aujourd'hui, après vingt années d'une sécularisation difficile et sanglante, il sentait encore une douleur en lui, là où s'enracinait jadis sa foi ; une douleur mêlée de honte, du sentiment d'avoir échoué, d'avoir perdu quelque chose d'essentiel.
Le jeune rebelle ne connaissait pas tout cela. A l'époque, il n'était encore qu'un enfant, et son éducation n'avait jamais été confiée à la machinerie écrasante de la caste des prêtres. Il n'avait pas la moindre idée des souffrances et des tourments que quelqu'un comme Nargant devrait traîner avec lui pour le restant de ses jours."

"-Lenteiman, avez-vous entendu ce que mes hommes vous ont expliqué tout à l'heure ?
Le dignitaire de la Guilde haussa les épaules en cherchant d'un air incertain l'endroit d'où lui parlait le commandant. Sa mâchoire se mit à pendre mollement, découvrant une rangée de chicots noirâtres. Il ne semblait même pas avoir compris ce dont il était question.
'Lenteiman, nous ne sommes pas des navigateurs impériaux. Et c'est inutile que vous les attendiez, car ils ne reviendront plus jamais, ni dans quatre ans ni dans dans quatre siècles.'
... 'Il est également inutile que vous continuiez de tisser des tapis pour l'Empereur, car l'Empereur est mort. L'Empire n'existe plus.'
Le vieillard se tut un instant, comme s'il avait besoin de laisser son cerveau s'imprégner de ce qu'il venait d'entendre. Puis il fut pris d'un petit rire gloussant. Il tourna la tête vers le soleil pâle qui luisait dans le ciel.
'Mais le soleil continue de briller, non ? Vous autres navgateurs, vous êtes un peuple étrange et vous avez de drôles de coutumes. Chez nous, ce serait de l'hérésie que de dire ce que vous dites, et vous feriez mieux de conseiller à vos hommes de tenir leur langue quand vous serez en ville. Et pourtant on vous passera sans doute beaucoup de choses, car tout le monde est content que vous soyez enfin là.'"

mardi, août 30 2011

Les révoltés de Cordoue par Ildefonso Falcones

Genre : roman historique
Traduit de l'espagnol par Anne Plantagenet
Titre original : La mano de Fatima
Date de publication : 2009
Editions Robert Laffont

Intrigue : Hernando, fruit du viol d'une Maure par un prêtre chrétien, voit l'ensemble de son existence déchirée par la haine féroce qui oppose Chrétiens et Musulmans dans l'Espagne du XVIe siècle.

Contrairement à tous les autres membres de la communauté maure, Hernando n'a pas reçu de nom arabe, comme pour le punir dès sa naissance du crime de son père. Ses yeux bleus qui trahissent ses origines lui ont valu le surnom méprisant de Nazaréen. Cultivé et humble, il oscille entre le mépris des deux communautés qui l'entourent : les Chrétiens, d'un côté, ne voient en lui qu'un Nouveau-Chrétien, un Maure, ses frères les Maures, de l'autre, le trouvent trop conciliant avec leurs ennemis jurés. Comment trouver sérénité et bonheur dans un climat de haine aussi violent ? Ildefonso Falcones a clairement pris le parti des Maures dans son oeuvre, comme pour contrebalancer la domination chrétienne de l'Espagne de l'Inquisition. Son récit, parsemé de données historiques, est édifiant et terriblement contemporain, car un tel climat de haine entre communautés religieuses peut malheureusement encore être observé de nos jours. A travers les tribulations du pauvre Hernando, Falcones réussit donc à nous faire réfléchir sur les haines héréditaires qu'il s'agit de combattre à tout prix.

Cette lecture est issue d'un partenariat News Book !
http://newsbook.fr/

jeudi, juillet 28 2011

Frère Kalkin par Pierre Bordage

Genre : science fiction
Editions l'Atalante
Date de publication : 2010

Intrigue : L'ancien thanaute Silf est devenu Frère Kalkin, troisième maillon d'une chaîne pancatvique. La Fraternité du Panca l'envoie sur le lointain système de Gamma Bagvan, pour lequel il faut prendre un vaisseau nouvelle génération à vitesse supraliminique. Le voyage est périlleux et semé d'embûche, car il a également un assassin à ses trousses : son premier amour... Quant à la jeune Klarel de la planète Albad, elle décide de quitter sa communauté rétrograde pour partir à la découverte des aborigènes de sa planète, des non humains et non animaux qui semblent vouloir lui transmettre un message.

Ce troisième volume de la Fraternité du Panca offre une nouvelle configuration de scénario, plus complexe que les précédents et donc encore plus délectable. Le pari que s'est lancé Bordage, à savoir réaliser cinq volumes, un volume par maillon de la chaîne pancatvique présentait en effet une difficulté majeure : comment se renouveler dans le récit, comment réussir à surprendre le lecteur à chaque nouvel épisode ? On voit, avec ce troisième volet, que Bordage n'est pas en manque d'inventivité et qu'il parviendra à conclure sa saga en beauté.

lundi, juillet 18 2011

Sœur Ynolde par Pierre Bordage

Genre : science fiction
Editions : L'Atalante Date de publication : 2008

Intrigue : Sœur Ynolde a récupéré l'implant vital de son père, Frère Ewen, et poursuit sa mission qui consiste à reconstituer une chaîne quinte pancatvique. Tout comme son père, elle doit affronter de nombreux ennemis sur son chemin. Le plus redoutable d'entre eux est un jeune assassin entraîné par la prestigieuse école du Thanaum : Silf. Celui-ci est envoyé à la recherche d'Ynolde par ses maîtres, mais sa route n'est pas, elle non plus, dépourvue de mésaventures.

Ce deuxième volet de la saga "La Fraternité du Panca" se poursuit dans la même veine que le volume précédent. Même si certaines considérations psychologiques alourdissent ici et là le récit, celui-ci reste plaisant, en particulier grâce au style élégant de l'auteur. Le scénario est bien conçu même s'il peut parfois paraître un peu prévisible. Au total, une aventure que l'on a envie de continuer.

lundi, juillet 4 2011

Frère Ewen par Pierre Bordage

Genre : science fiction
Editions L'Atalante
Date de publication : 2007

Intrigue : Ewen vit heureux avec sa femme et sa fille lorsqu'il reçoit un appel télépathique de la confrérie à laquelle il appartient, la Fraternité du Panca. Chargé de reconstituer la chaîne pancatvique de cinq frères, il se voit contraint d'abandonner sa famille pour entreprendre un périple à travers l'espace qui durera 80 ans. Olméo est un jeune garçon de 13 ans quand il rencontre l'amour de sa vie, Sayi. Ensemble, ils se retrouvent dans le même vaisseau spatial qu'Ewen et partagent sa très longue traversée.

Outre un univers et un scénario nouveaux et fascinants, ce que l'on apprécie le plus chez Bordage, dans ce premier volume de la saga "La Fraternité du Panca", c'est son style littéraire fluide et légèrement désuet qui le caractérise. Un style qu'il est très agréable de retrouver. On adore !

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